Finances communales : en rouge, pas en rouge ou bientôt en rouge ?
Le Maire explique à qui veut l’entendre que contrairement à ce qu’il dit avoir vu écrit (???), les finances de la commune ne sont pas « dans le rouge ». Encore heureux, il ne manquerait plus que ça ! Cela constituerait un véritable « exploit » de parvenir à une telle situation, après seulement 2 années de gestion, compte tenu de la situation financière saine qu’il a trouvée en arrivant. Quoique …
Le 23 Février 2009 dans le blog (http://mp6ambert.unblog.fr/2009/02/23/ce-nest-plus-le-temps-de-la-reflexion-cest-le-temps-de-laction-c-chevaleyre/ ), nous écrivions : « En matière budgétaire, ils sont en train de réussir le cumul de tout ce qu’il ne faut pas faire : en fonctionnement, plus de dépenses et stagnation des recettes, donc moins d’autofinancement et en investissement, des projets non (ou très peu) subventionnés. Donc, à la fois perte d’autofinancement et perte de subventions. Ce type de politique ne peut être compensé que par l’endettement, l’impôt ou le fort ralentissement des investissements. »
Il semble bien que nos prévisions étaient correctes : sur ces 2 exercices, les dépenses supplémentaires cumulées sont de 509 000 € et les recettes cumulées n’ont augmenté que de 177 000 €.
Les conséquences en tableau :
Sur les 2 premiers exercices budgétaires, la majorité municipale va cumuler des pertes de : 315 000 euros d’autofinancement et 690 000 euros de ressources d’investissement.
Soit UN MILLION D’EUROS DE PERTE de capacités financières, en seulement 2 ans.
Question : combien de centaines de milliers d’euros de perte supplémentaire en 2010 ?
Si les comptes ne sont pas « dans le rouge », toujours est-il que la majorité municipale se donne un mal de chien pour faire en sorte que cela se produise à terme.
On nous dira qu’il est devenu difficile d’obtenir des subventions. Je ne crois pas me souvenir que tout était facile auparavant. Nous avons dû faire créer des dispositifs particuliers d’aides par nos partenaires pour nous accompagner sur des certains projets (cinéma, bâtiments de l’ESAT (ex CAT), hébergement Coral, …). De plus, la suppression de la taxe professionnelle, c’est bien à partir de 2010. Non ?
Pendant que la commune présentait le dossier de financement de la maison de la danse et de la musique amputé de 20%, montant des coûts de maîtrise d’œuvre et des frais (la rectification a quand même été faite), pour obtenir peut-être à peine plus de 60% de subvention, Billom obtenait 80% de financement pour sa piscine (les responsables du dossier ambertois parlent d’un petit 50% pour le projet local) et Le Brugeron devrait culminer à plus de 90% de financement extérieur pour son projet d’hébergement de plus de 3 millions d’€ ! Voir article du 14 Novembre 2008 ( http://mp6ambert.unblog.fr/2008/11/14/on-a-souvent-agi-selon-des-effets-daubaine-et-de-subvention-christian-chevaleyre/ ). Alors bien sûr, ce n’est pas en restant en dehors de certains organismes d’attribution de subventions (DGE et DDR) que le maire pourra améliorer les choses, pour la Commune et pour la Cocom. Remarquez, ce n’est pas trop grave si vous vous rappelez sa volonté d’arrêter les investissements, « ce qui a été fait avant est largement suffisant » et aussi de stopper la politique de réserve foncière de l’équipe précédente (« nous avons décidé de rompre avec l’investissement immobilier du dernier mandat pour mettre de l’argent dans des projets à vocation solidaire et durable ». Jean-Marie Piller). Sauf que, en contradiction totale avec les engagements pris, la commune vient d’adhérer à l’EPF-Smaf pour environ 500 000 € d’impôt supplémentaire cumulé pour les 10 prochaines années, pour l’aider à acquérir une « grande » quantité de biens fonciers et immobiliers. Les promesses n’ont pas tenu plus de 18 mois : donc pas de « rupture » avec la politique précédente d’acquisitions foncières et donc augmentation des impôts locaux. Le souci est que personne n’a fait le rapprochement entre la perte de capacités financières d’investissement de près de 1 million d’euros (en 2 ans) et cette nouvelle ambition immobilière, qui, du coup, devient totalement incompatible avec les nouvelles finances communales. De la même façon, personne n’a évalué la ponction fiscale supplémentaire disproportionnée qui aurait pu être évitée ou utilisée autrement : celle-ci devra-t-elle être compensée ? Si oui, comment ? Quelle incohérence ! J’adhère à un organisme, pour un coût fiscal aberrant et irréversible, qui va m’aider à acquérir des biens pour un montant largement inférieur à celui qui serait nécessaire à la réussite de mon ambitieuse politique, car je n’aurai plus les moyens financiers de ces acquisitions ! Constaterons-nous des coûts de gestion égaux au montant des investissements ? Attendons-nous donc à de nouveaux revirements déchirants.
Nous avions dit que l’objectif de 2,2 millions d’euros d’investissement ne serait pas atteint : nous nous sommes trompés, 2,138 millions investis en 2009… Mais à quel prix !
Ce montant était nécessaire pour que la commune soit éligible au versement anticipé du fonds de compensation de TVA, soit environ 130 000 €, qui permettent de ne pas recourir à l’emprunt pour ce montant : au final, une économie de frais financiers de 5 200 € (130 000 à 4%). Pas mal, mais …
Le souci, c’est qu’il a forcé sur les investissements non ou peu financés pour atteindre cet objectif (voir ci-dessus le taux de subvention de 8%), ce qui oblige à emprunter relativement plus qu’à l’habitude. L’estimation de surendettement dû au mauvais taux de subvention 2009 et donc de besoin de financement supplémentaire est de l’ordre de 355 000 €, soit un montant d’intérêt supplémentaire et donc une dépense supplémentaire de 14 200 €, à rapprocher du gain de 5 200 € ci-dessus, soit un bilan négatif de 9 000 €, à rajouter à la perte sèche (355 000 €) due à la chute du taux de subvention.
Pas de quoi pavoiser là encore! Mais, même s’il ne s’agit « que » de 9 000 €, c’est avec une gestion de ce genre qu’on se dit que le passage dans le rouge est peut-être malheureusement plus proche qu’on pouvait le craindre.

Et c’est ainsi que Zorro est grand !



